Unis autour de l’avenir de la gare d’Ottignies
Affichage pour les mal voyants

Se déplacer - 27.02.2015 - Marie-Claire Dufrêne

Majorité et opposition parlent d’une seule voix, pour réclamer un meilleur aménagement urbanistique de la gare d’Ottignies et de ses alentours. Une motion, votée à l’unanimité au Conseil communal du 24 février, sera adressée aux autorités concernées par ces aménagements.


« La gare est un palais du peuple ! », s’exclame le Premier échevin Cedric du Monceau, en charge de l’Urbanisme. Mais en matière de palais, on a déjà vu beaucoup mieux. Couloirs sous voies trop petits, accès difficile aux heures de pointe, Personnes à Mobilité Réduite (PMR) obligées de traverser les voies… la gare d’Ottignies n’est pas à la hauteur de l’attractivité croissante et de l’attraction dont elle fait l’objet depuis des années.

Avec l’arrivée programmée du RER, les terrains qui l’entourent attisent pourtant toutes les convoitises. Bureaux (européens, pourquoi pas, Ottignies-Louvain-la-Neuve est idéalement située, entre Bruxelles et Luxembourg), logements, commerces… notre ville va se développer de ce côté, mais comment ?

C’est l’objet du « Masterplan gare » (étude d’orientation urbanistique pour les environs de la gare), dont les résultats ont été présentés, le 30 juin, aux membres du Conseil communal et de la Commission Consultative d’Aménagement du Territoire et de la Mobilité (CCATM).

L’étude - menée par le bureau Eurogare, en collaboration avec le CREAT et REIM - a débuté en 2011-2012, à l’initiative de la Ville. Le bourgmestre Jean-Luc Roland et le Premier échevin Cedric du Monceau ont souhaité multiplier les contacts avec la SNCB Holding et Infrabel, notamment le directeur général de la SNCB Vincent Bourlard, pour anticiper les effets sur l’urbanisation et le foncier de l’arrivée du RER à la gare Ottignies.

« Cela fait 5 ans qu’on bloque un projet privé sur le site du café Duchêne, pour permettre une réflexion plus large », constate l’échevin de l’Urbanisme. « On ne peut pas bloquer éternellement. A un moment donné, la puissance publique doit dire ce qu’elle veut. On a là un potentiel foncier fantastique, où créer un site exemplaire du développement durable. On veut le faire savoir à tous les niveaux de pouvoir ! »

Une motion votée à l’unanimité

Les représentants des quatre composantes politiques (majorité et opposition) du Conseil communal ont invité la presse, le 27 février, pour évoquer la motion « gare » votée à l’unanimité, le 24 février, et présenter les grands axes du « Masterplan gare ».

Le bourgmestre Jean-Luc Roland, le Premier échevin Cedric du Monceau, les échevins Annie Galban et Michel Beaussart (pour la majorité) et le conseiller Julien Tigel Pourtois (pour la minorité) ont expliqué leur volonté commune d’interpeller l’ensemble des autorités concernées par les aménagements : le Premier ministre et la ministre fédérale de la Mobilité en charge de la SNCB, le Ministre-Président et le Vice-Président de la Région wallonne ainsi que les ministres wallons des Travaux publics et de l’Aménagement du territoire, de la Mobilité et des Transports, le président du conseil du Holding SNCB et son CEO.

Un montant de 60 millions d’euros est inscrit au budget du plan pluriannuel de la SNCB pour la période 2016-2022, destiné à lancer les premiers chantiers (reconfiguration des parkings et de la gare) à l’horizon 2017.

« On connaît le contexte budgétaire difficile, on sait que la SNCB devra procéder à des économies importantes. Mais nous ne voulons pas que le projet de développement de notre gare et de ses alentours en fasse les frais », insiste le bourgmestre Jean-Luc Roland. « Il représente un enjeu stratégique pour toute une région et s’inscrit dans l’indispensable déploiement du train au sud de Bruxelles, alors que la partie nord du territoire national est déjà très bien servie en la matière. »

« Nous attirons aussi l’attention sur l’absolue nécessité de conditionner tous les projets (RER, développements urbains, mobilité…), qui sont intimement liés. La non-réalisation de l’un risquerait d’entrainer l’échec des autres », ajoute Julien Tigel Pourtois. « L’opportunité ne se présente qu’une fois. C’est maintenant que nous devons y mettre toute notre énergie, quelle que soit notre couleur politique. »

Gare et esplanade plus grandes

La gare actuelle serait vouée à disparaître, au profit d’une gare plus grande, formée d’une partie « passerelle » (du côté de l’avenue des Villas) comportant des commerces (comme à la gare de Namur) et d’une partie « tunnel » (comme à la gare de Louvain-Leuven), du côté de la rue du Congo. L’esplanade devant la station serait abaissée plus ou moins au niveau du rond-point et étendue jusqu’à celui-ci, entraînant la disparition de l’îlot de l’ancienne poste. Beaucoup plus vaste qu’aujourd’hui, elle accueillerait toujours la gare des bus, laquelle serait reconfigurée et agrandie (davantage de quais et la possibilité d’accueillir des bus plus longs).

Elle serait mise en connexion directe avec le parking SNCB des Droits de l’Homme par un large passage sous la ligne de Charleroi. Le parking actuel serait remplacé par un bâtiment de parkings à étages, des immeubles de logements et de bureaux, des commerces. L’esplanade comporterait aussi un bâtiment abritant divers services aux voyageurs et services techniques, le long de la ligne 161 en direction de Namur.

Tout ceci n’est encore qu’au stade de la réflexion. C’est une vision pour les 25 ans qui viennent et au-delà. Elle représente un jeu de chaises musicales important, dont le but est, au final, d’améliorer le confort des usagers SNCB et TEC. Cela permettra aussi de créer un nouveau quartier - vivant, plurifonctionnel et durable - autour de la gare, et de recoudre le tissu urbain physiquement découpé par le chemin de fer.
Liens vers d'autres sites



Nous contacterGaleries photosVie privéeNotes légalesPlan du siteNewsAgendaAnnuaireDocumentsVos réactionsCrédits
FR NL EN DE ES
fermer