Les bons vœux du Collège
Affichage pour les mal voyants

Hotel de Ville - Vie politique - 16.01.2017 - Marie-Claire Dufrêne

A l’occasion de la soirée des vœux aux corps constitués, le 13 janvier à la Ferme du Biéreau, le bourgmestre Jean-Luc Roland a dressé un bilan de l’année écoulée et évoqué les défis à relever dans les mois qui viennent.


Plus de 300 personnes ont répondu favorablement à l’invitation du Collège, pour entendre les vœux du bourgmestre et des échevins, le 13 janvier à la Ferme du Biéreau (Louvain-la-Neuve) : élus de notre ville et des villes voisines, représentants de la Province et de l’UCL, responsables d’associations, chefs des services de la Ville…

La soirée était animée par l’Ensemble vocal du Brabant wallon, sous la direction de Charlotte Messiaen.
 
Comme de coutume, les échevins et le président du CPAS ont mis à l’honneur des habitants/associations de notre commune qui se sont distingué(e)s depuis plusieurs années dans différents domaines. Des parcours exemplaires, des vies riches de sens, qui suscitent le respect et l’admiration. A découvrir bientôt sur notre site.

Le discours du bourgmestre

Au nom du Collège communal, j’ai le plaisir de vous souhaiter la bienvenue en cette ferme du Biéreau qui avait été pour la dernière fois le lieu de ce rendez-vous annuel en 2013.

Ces retrouvailles ici tombent bien. Pour deux raisons. C’est en effet le lieu idéal pour remercier encore une fois Jacques Benthuys qui a décidé tout récemment de remettre son mandat de Conseiller communal et donc d’abandonner tout mandat électif dans notre Ville, lui qui est devenu Conseiller pour la première fois en 1982, il y a donc 34 ans. Au début de cette mandature, en 2013, il avait décidé de renoncer à être Echevin après 24 ans au sein de l’exécutif communal. J’avais eu l’occasion de saluer sa large contribution au développement de notre Ville en tant qu’Echevin et Bourgmestre. Durant toute cette période, il a imprégné ses diverses compétences de sa marque, notamment l’enseignement, l’énergie, les droits de l’homme, ou encore les bâtiments. C’est dans ce cadre qu’il a mené depuis son début, et en collaboration avec l’université avec laquelle nous sommes copropriétaires, la rénovation de cette ferme du Biéreau. En 2005, nous inaugurions cette salle. C’était l’aboutissement – superbe – d’un très long processus. Mais un aboutissement en forme d’étape, puisque dans le courant de l’année prochaine, c’est la poursuite de la rénovation de la ferme qui devrait être lancée. En l’occurrence, celle de la cour intérieure qui en a, chacun en conviendra, le plus grand besoin. Mais aussi la rénovation des écuries. Depuis le temps qu’elles ne sont plus en état d’accueillir aucune activité, certains d’entre vous l’ont peut-être perdue de vue. Pourtant, c’est dans les écuries que dès le début de LLN dans les années 70, les tout premiers spectacles se sont produits. Des artistes comme André Bialek, Steve Warring ou François Béranger s’y sont produits à l’époque. Les écuries, c’est un peu le cœur historique de la fonction culturelle de la ferme. Notre intention est donc bien sûr de sécuriser ce lieu et de le rendre plus fonctionnel, mais tout autant d’en garder une part de l’âme originelle voire son côté rustique.

Cet espace culturel ferme du Biéreau, qui en moins d’une dizaine d’années est devenu emblématique, non seulement dans le Brabant wallon, mais dans toute la Communauté française de Belgique, va donc pouvoir encore amplifier et développer sa programmation, dans l’esprit qui fait son succès : celui d’être la maison de toutes les musiques.

Musée L et place des Wallons

De ce côté de LLN à un jet de pierre, on sait qu’il y aura aussi bientôt l’inauguration du Musée L dans l’ancienne bibliothèque des sciences de l’université, qui est un peu notre phare, notre tour Eiffel à nous. C’est avec grande impatience que nous attendons de voir comment ces immenses et beaux volumes auront été rénovés et adaptés à leur nouvel usage.

Tout cela se passera donc dans le quartier du Biéreau qui a vu naître LLN et qui en a été le centre pendant ses premières années d’existence. Ce faisant, il s’agira d’élargir le centre actuel de gravité de LLN. C’est notamment dans cet esprit que la place des Wallons sera rénovée : pour rendre attractif cet itinéraire qui va du centre actuel vers le futur musée. Ce projet a été initié par la Ville en 2009, notamment par l’obtention de subsides européens URBACT pour la rénovation des villes nouvelles (la place des Wallons a 40 ans, et n’est plus en très bon état). Ensuite, c’est la gestion centre-ville qui a pris le relais en assurant le volet participatif du projet, entre 2012 et 2015, en mettant autour de la table tous les acteurs concernés : les habitants, commerçants, étudiants, copropriétaires, ainsi que l’université, qui a déjà pris sa part en rénovant la galerie couverte, et la Ville, qui se chargera donc de l’espace public. Aujourd’hui, l’avant-projet est prêt. Il vise avant tout à refaire de cette place un lieu qui présente de l’intérêt, où l’on a envie de s’arrêter, de se poser, de rencontrer des gens, sur un axe qui devrait redevenir structurant.

Voilà donc de bien beaux projets que j’ai voulu épingler d’emblée puisqu’ils se feront tout au plus à 2 ou 300 mètres d’ici. Mais ils ne sont évidemment pas les seuls. Ils s’inscrivent dans un processus de développement intense que nous connaissons depuis des années, qui peut parfois donner le tournis, mais que nous avons toujours voulu organiser, encadrer, et anticiper au mieux.

Programme stratégique transversal (PST)

C’est dans cet esprit que je vous avais indiqué, en début de mandature, que nous avions adopté un Programme stratégique transversal (PST), qui remplaçait la traditionnelle déclaration de politique générale, et que pour ce faire, nous avions été sélectionnés au titre de commune pilote avec 23 autres communes de Wallonie. Durant l’année écoulée – à mi-mandature donc –, nous avons procédé à une évaluation de ce PST. Sur un plan purement quantitatif, il en ressort que sur les 520 fiches qui le composent, il était prévu que 375 d’entre elles se termineraient à la fin de 2015 (càd donc près des ¾ du PST). Il en ressort que 75 % d’entre elles ont été finalisées ou sont en cours de réalisation. D’un point de vue plus qualitatif, ce PST a clairement contribué à donner des perspectives, de mieux planifier les projets, de permettre aux services de mieux organiser leur travail. Mais on peut aussi constater que cet outil n’a pas toujours été utilisé au maximum de ses possibilités. La discussion avec les services à ce sujet n’est pas terminée. Quoi qu’il en soit, le PST reste indéniablement un outil de transparence et de bonne gouvernance qui a fait l’objet de présentations thématiques au cours des dernières séances du Conseil communal. Ces présentations ont fourni aux Conseillers communaux une information synthétique sur la plupart des grands projets menés par la Ville.

Parmi les dossiers les plus lourds sur le plan financier, il y a l’entretien, la rénovation, l’extension et la construction de bâtiments.

Bâtiments

Parmi les plus importants, et outre la ferme du Biéreau, il y aura eu durant cette mandature la construction de l’antenne communale de la voie des Hennuyers, inaugurée en septembre 2013, dont la nécessité est confirmée chaque jour. Juste à côté, la maison des jeunes « Chez Zelle ». En mai 2015, la nouvelle salle du Conseil communal donnait une nouvelle dimension à l’Hôtel de Ville. Ces réalisations bouclent un cycle de transformations en profondeur, sur une bonne dizaine d’années, de tout l’accueil du public par notre administration et des conditions de travail du personnel communal.

Rappelons-nous : en 2002, c’était le nouveau bâtiment du service des travaux à l’avenue de Veszprem. En 2003, le regroupement de tous les autres services communaux sur l’avenue des Combattants en face de l’Hôtel de Ville. En 2005, l’achat par la Ville de l’immeuble situé juste à côté, où le CPAS a pu s’installer dans des conditions, là encore, nettement plus fonctionnelles et agréables. Le prochain chantier significatif consistera à reconstruire un commissariat, qui pourrait être situé au bout de l’avenue Paul Delvaux à proximité de la gare. Mais cela, ce sera sans doute un projet pour la prochaine mandature.

Avec près de 1.500 élèves et neuf implantations, notre réseau communal d’enseignement fondamental est le plus important du Brabant wallon. Outre des travaux d’extension et de rénovation dans la quasi-totalité de nos implantations qui sont bien planifiés dans le cadre du PST, l’investissement le plus significatif de cette mandature aura été le nouveau bâtiment de l’école de Lauzelle, inauguré en mai dernier, et comprenant 12 classes pour 250 enfants, ainsi qu’une salle de gymnastique et un réfectoire. Ce bâtiment était très attendu depuis de longues années. Tous en conviennent aujourd’hui: même s’il y a quelques améliorations à y apporter, il est magnifique et fonctionnel.

Sport

En matière de sports, et outre la mise en place du centre sportif local intégré, plusieurs réalisations marquantes sont à signaler : les nouveaux terrains de rugby et le club-house en bordure du boulevard Baudouin Ier, inaugurés en septembre 2014, et au même endroit, le nouveau hall pour la pétanque qui vient d’être inauguré tout récemment. En ce moment se terminent les travaux d’extension de la plaine des Coquerées, pour un montant frôlant les 2 millions d’euros et pour une superficie supplémentaire de 1.180 m².

Mais le projet potentiellement le plus lourd sur le plan financier n’avait été qu’effleuré dans notre PST : il s’agit des piscines de Blocry. Même si ces piscines ont été et sont encore en partie à l’avant-garde, notamment avec le système de filtration Cu-Ag qui évite le recours au chlore, elles ont aujourd’hui plus de 30 ans et commencent à présenter d’évidents signes de fatigue. Au moment de boucler le PST en 2013, nous avons inscrit 1,6 million à répartir entre les trois copropriétaires et déduction faite d’un subside de 1,1 million de la Région pour la rénovation des toitures. Depuis lors, le comité d’experts des trois propriétaires a attiré l’attention sur d’autres rénovations à programmer à relativement court terme : chaudière, carrelages, vestiaires. C’est ainsi qu’en quelques mois, les montants annoncés pour les rénovations (indispensables, nécessaires et/ou hautement souhaitables) sont passés successivement de 1,6 million à 3, puis à 6,5, pour atteindre 9,5 aujourd’hui, dans un volume complètement transformé. Au point que le CA du complexe de Blocry s’est interrogé sur l’opportunité de construire une toute nouvelle piscine à un autre endroit, mais évidemment en lien géographique direct avec le complexe sportif. C’est ainsi qu’il a été décidé de répondre au « plan piscines » que vient de lancer la Région wallonne, et d’instruire, à ce stade, les deux possibilités. L’échéance, et donc le choix de l’une ou de l’autre option, sera à faire au plus tard pour la fin du mois de février prochain. L’inconvénient d’une nouvelle piscine est potentiellement d’ordre budgétaire : les premières estimations arrivent à 10,5 millions. Mais les avantages sont séduisants : une localisation entre le complexe de Blocry et l’école, ce qui supprimerait une part significative des embouteillages dans le quartier de l’Hocaille. Et une piscine qui apporterait quelque chose de neuf, en l’occurrence une longueur de 50 mètres, et un bilan énergétique exemplaire.

Une telle infrastructure viendrait s’ajouter aux développements d’ores et déjà planifiés et lancés, comme le dojo fédéral qui accueillera la fédération de judo dans le courant de cette année. Et tout prochainement, c’est le tant attendu chantier de la piste d’athlétisme indoor qui débutera en lisière du bois, le long du boulevard de Lauzelle. De la sorte, dans 2 ou 3 ans, notre ville entrera dans une autre dimension, et confortera sa position de pôle sportif au cœur du Brabant wallon, au service de toute la Région. Grâce à l’ensemble de ces projets liés, les uns au centre sportif local intégré, et les autres au complexe sportif de Blocry, nous disposerons d’une infrastructure sportive encore plus exceptionnelle qu’elle ne l’est aujourd’hui, pouvant accueillir les sportifs de haut niveau, mais tout autant les clubs, les écoles et les particuliers dans un cadre idéal. Et cela, dans un esprit de synergie et d’usage partagé des infrastructures entre toutes ces catégories d’utilisateurs. Ce principe est au cœur de notre démarche, comme il l’avait été lors de notre candidature APOGIA pour le centre sportif de haut niveau de la Communauté française en 2010-2011.

Voiries

Avec les bâtiments, ce sont les voiries qui mobilisent les moyens budgétaires les plus conséquents de la Ville.

Si les piscines risquent de bousculer notre PST, du côté des voiries, c’est la rénovation de la chaussée Provinciale à Mousty, décidée par le SPW, qui a bouleversé quelque peu notre programmation. Mais notre PST n’est pas conçu comme un carcan. Il doit pouvoir s’adapter et intégrer des données nouvelles. En l’occurrence, cette décision de la Région nous a réjouis. En tout cas, dans son principe. Car la réalisation a été plutôt chaotique. Au point que le Directeur des routes m’a confié qu’il envisage de proposer des modifications aux cahiers de charge standards de la Région pour éviter que les situations vécues sur ce chantier ne se reproduisent. Qu’à cela ne tienne : cette rénovation vient très bien compléter celle de toutes les voiries principales de l’hyper-centre d’Ottignies. C’est en 2008, à la suite du plan communal de mobilité, que ce projet imposant avait démarré, essentiellement avec l’avenue des Combattants. Cette transformation en profondeur des espaces publics poursuivait d’abord des objectifs de mobilité et de sécurité, notamment en faveur des cyclistes, des piétons et des bus. Mais aussi un objectif esthétique. Pour la chaussée Provinciale, c’est le même esprit qui a prédominé, et le même type de collaboration avec la Région, la Ville prenant en charge les trottoirs, les impétrants et une partie des pistes cyclables.

Je voudrais aussi mentionner la rénovation prochaine et l’égouttage de toutes les voiries adjacentes de la Grand-Rue à Céroux. Il s’agit d’une des dernières portions de territoire qui ne soit pas encore égouttée.

En ce moment se termine un autre chantier qui était particulièrement attendu : celui de la rue de la Chapelle. Nous avons pris le parti d’en repenser complètement la philosophie, puisqu’elle sera transformée en zone résidentielle, ce qui signifie une voirie sans trottoirs, avec priorité aux piétons, et vitesse limitée à 20 km/h.

Dès que ce chantier sera terminé, nous débuterons ceux de l’avenue Reine Astrid et de la rue des Deux-Ponts : deux axes stratégiques en plein centre d’Ottignies, dont l’esprit sera, là encore, transformé en profondeur : toutes deux deviendront des « rues cyclables », càd, comme l’appellation le laisse entendre : avec priorité aux cyclistes. Je ne doute pas que ces aménagements vont encore modifier l’image du centre d’Ottignies afin de le rendre plus agréable et convivial.

Cette approche s’inscrit bien évidemment dans le cadre de notre plan communal cyclable. Nous faisons partie, depuis 2011, des 13 communes pilotes « Wallonie cyclable » sélectionnées par la Région. Cette opération touche tout doucement à sa fin et nous pouvons déjà esquisser quelques conclusions. Comme j’ai eu l’occasion de l’évoquer l’année passée, depuis que nous procédons à des comptages, càd en 2008, il se confirme que la croissance du nombre de cyclistes est de 5 % / an, ce qui représente une augmentation cumulée d’environ 150 % en neuf années. Nous en espérions davantage, mais cela reste très encourageant. Les nombreux aménagements effectués sont donc bien perçus, et donnent envie de prendre le vélo, non seulement en guise de loisirs, mais surtout pour aller chaque jour au travail ou à l’école. Ce qui est bien le but recherché.

En 5 années, nous avons pu bénéficier d’environ 1.200.000 € de subventions de la Région pour un total de 2.000.000 € de travaux, qui ont permis d’amplifier le mouvement amorcé depuis le plan communal de mobilité. Grâce à ces moyens, ce sont près de 25 km qui auront été sécurisés au profit des cyclistes sur le territoire communal, ce qui représente une augmentation de 30 % d’aménagements sécurisés. Nous sommes conscients que beaucoup reste encore à faire, mais la progression aura été plus que significative, et on peut en être assez fiers.

J’ai voulu évoquer ces investissements importants dans la mesure où ils font partie des missions de base de toute commune, que sont l’entretien des routes, des bâtiments scolaires, sportifs, culturels, mais aussi parce qu’ils pèsent lourdement sur les finances communales. Même si pour la plupart, ils sont subsidiés en général à hauteur de 50 % par la Région.

Finances communales

Vous avez sûrement entendu parler de la situation difficile dans laquelle se retrouvent la quasi-totalité des communes du pays, en raison des coûts croissants de certains services ou de nouvelles responsabilités qui leur ont été confiées par d’autres niveaux de pouvoir sans qu’elles puissent bénéficier des financements correspondants à ces missions. Ainsi à titre d’exemples, le service incendie coûtait 550.000 € à notre Ville en 2006 ; aujourd’hui, ce montant est passé à 1.334.462 €. Pour la police, la quote-part communale était de 3.151.000 € en 2002, date de l’intégration, et est aujourd’hui de 5.753.000 €, soit pratiquement un doublement.

Parallèlement, du côté des recettes, nous venons de connaître des dérapages d’une ampleur inégalée et totalement surréaliste. Comme la plupart des communes. Ainsi à la fin de 2015, nous apprenions du ministère des finances que nos recettes d’additionnels à l’IPP étaient diminuées de 3 millions d’euros. Sur un budget total de 42-43 millions, cela fait plutôt mal. Et pour la toute première fois, nous avons été en négatif au global de nos finances.

Tout cela est-il grave ?

Nous savons qu’une série de dépenses sur lesquelles nous n’avons pas de prise (comme le service incendie ou les pensions du secteur public) vont continuer à augmenter. Il nous appartient donc d’intégrer ces données dans nos prévisions. S’agissant des fluctuations sur les recettes, il ne s’agit en fait pour l’essentiel que de retards de paiements. Les montants sont dus aux communes. Mais tout cela complique donc très fort la confection des budgets, et plombe nos comptes. Jusqu’à présent, nous avons géré ces difficultés en limitant nos dépenses, mais sans toucher au personnel (alors que d’autres communes ont été amenées à licencier). En effet, nos charges de personnel, qui pèsent 34 % de nos dépenses totales, sont beaucoup plus basses que la moyenne wallonne. Non seulement, notre administration coûte peu en regard de la plupart des autres communes, mais elle doit gérer un très grand nombre de dossiers souvent très importants, à l’image de ce qu’est et de ce que vit notre Ville. Nous avons la chance de disposer d’une administration très professionnelle qui turbine. Nous pouvons le constater chaque jour qui passe, et je voudrais ici devant vous en remercier très sincèrement tous nos agents communaux et du CPAS, nos policiers et nos enseignants.

Mais quelles sont alors les économies possibles ? Sur le fonctionnement en partie, et sur les transferts, càd tous les subsides que nous octroyons à nos structures proches, comme le CPAS, la Police, ou le centre culturel, mais aussi les associations que vous êtes nombreux ce soir à représenter. Et dans ce cas, vous aurez sans doute été confrontés ces dernières années à des limitations de nos subventions. Cela nous fait d’autant plus mal que nous savons bien que la situation des associations en général est aussi plus difficile aujourd’hui. D’un autre côté, nous avons dû trouver de nouvelles recettes, notamment en instaurant une taxe sur les parkings, ainsi que sur les surfaces commerciales de plus de 400 m².

Qu’en est-il de notre situation et des perspectives qui s’offrent à nous ?

Nous avons la chance d’une fiscalité basse en regard de la Wallonie. Ainsi nos recettes principales, à savoir les additionnels à l’IPP et au précompte immobilier, sont respectivement à 6,7 % et à 2100 centimes, alors que la moyenne du BW est de 6,95 et de 1974, et la moyenne wallonne de 7,99 et de 2577. Bref : un excellent rapport qualité-prix ! Par ailleurs, nous disposons encore de réserves et provisions, certes en diminution suite aux événements que je viens de relater, mais assez appréciables. Au total de l’ordre de 5 millions d’euros au terme de cet exercice, alors qu’elles atteignaient quand même 8 millions il y a trois ans.

La situation financière de la Ville est donc chahutée, comme pour la plupart des communes du pays, mais notre structure financière reste globalement saine.

Social

C’est dans ce contexte difficile qui exige de la vigilance qu’il nous appartient d’assumer nos responsabilités et de poursuivre notre projet de ville « citoyenne, participative, solidaire et durable », pour reprendre les termes de notre PST.

Càd bien sûr assumer les missions de base, et notamment celles que j’ai évoquées tout à l’heure, mais pas seulement : la solidarité, et la citoyenneté nécessitent des actions publiques qui ont aussi un coût. Et nous ne comptons pas nous dérober.

Notre vile est devenue au fil du temps un incontestable pôle de développement – économique, culturel – et de créativité au cœur du Brabant wallon et de la Wallonie. Souvent, on la présente, à juste titre, comme atypique. L’existence de nos deux centres-villes vient immédiatement à l’esprit. Mais il y a d’autres raisons. Dans ce Brabant wallon indéniablement riche, nous qui sommes en son centre, nous sommes beaucoup plus divers sur le plan social, càd moins riches que plusieurs de nos voisins immédiats. Ainsi par exemple, si en moyenne, le taux de demande d’emploi est de 16 % pour la Wallonie et de 10 % en Brabant wallon, il est de 13 % chez nous, et présente des caractéristiques très différentes des tendances lourdes du chômage en Wallonie, en ce sens que nos demandeurs d’emploi sont en général formés et trouvent assez vite un emploi. Autre exemple : le logement social pèse un peu moins de 4 % dans notre province, mais représente 10 % des logements sur notre territoire. Autre exemple encore, si notre population représente 8 % de la population totale de la province, nous attribuons 20 % des Revenus d’intégration sociale (les anciens minimex) de toute la Province. Cette diversité sociale fait partie de notre réalité urbaine. Et notre volonté est de faire tout ce qui est en notre pouvoir afin que notre Ville reste accueillante à tous, qu’elle reste diverse sur le plan social, mais aussi culturel et philosophique. Et je sais que ces principes correspondent à ce qu’une grande majorité d’entre nous pensent et veulent. On sait bien que dans le contexte qui est le nôtre avec des prix immobiliers exorbitants, il n’est pas facile de trouver un logement abordable. Ce qui empêche aussi nos enfants qui le souhaitent de rester vivre dans notre ville. Ce seul critère de l’accès au logement à lui tout seul est déjà une machine à uniformiser. Non seulement sur le plan social, mais aussi sur le plan générationnel. Telles sont les raisons pour lesquelles nous avons inscrit le logement comme le défi principal à relever pour cette mandature.

Nous avons déjà eu l’occasion d’évoquer l’ensemble des mesures que nous avons décidé de prendre en cette matière, et notamment notre volonté de maintenir au moins le taux de 10 % de logements publics. Mais la plus originale est sûrement le projet de Community land trust dont je vous ai déjà parlé, sur lequel nous continuons de travailler et qui doit aboutir prochainement. Son objectif majeur est de faciliter l’accès au logement pour les jeunes familles.

Par ailleurs, la question de la place des aînés se pose chez nous comme partout. Mais – à nouveau – avec quelques accents très spécifiques à notre Ville. Il y a environ 25 ans, notre pyramide des âges révélait une présence très prépondérante des jeunes, et une sous-représentantion marquée des plus de 60 ans. Depuis 1991, l’augmentation de la part des aînés s’est faite à un rythme nettement plus rapide que ce qu’elle est globalement en Wallonie, et cela au détriment des groupes d’âges compris entre 25 et 40 ans et entre 0 et 10 ans. Aujourd’hui, notre pyramide des âges nous place encore parmi les communes jeunes, bien qu’elle commence à s’approcher très fort de la moyenne régionale ou nationale. Les données démographiques révèlent donc que c’est notre évolution tendancielle extrêmement rapide, et plus précisément l’équilibre entre les classes d’âges, qui est préoccupant.

La problématique est bien connue. Notre ville offre une telle abondance et une telle qualité de services dans tous les secteurs (commercial, culturel, loisirs) que les jeunes et moins jeunes retraités ne s’y sont pas trompés. Ils ont jeté leur dévolu sur les logements principalement en centres villes. C’est la raison pour laquelle nous voulons actionner toutes les possibilités permettant aux plus jeunes de retrouver l’accès au logement chez nous. Il n’empêche que l’accueil des aînés est une question à part entière que nous devons traiter avec soin. Dans ce domaine-là les choses bougent aussi. Le département de démographie de l’UCL nous a contactés dans le but de réaliser une enquête qui interrogera 750 personnes de plus de 50 ans habitant notre commune (et pas seulement LLN comme l’indique la dia) sur tous les enjeux liés au vieillissement. Ce faisant, il s’agira de tester et d’évaluer une série d’idées, de technologies, de services nouveaux susceptibles de contribuer à un vieillissement harmonieux. Nous avons évidemment exprimé le plus vif intérêt pour cette démarche, en y contribuant notamment par la fourniture d’informations sur notre population. Nous attendons beaucoup de cette étude qui devrait nous permettre de mieux répondre aux besoins et de nous y préparer progressivement. Dans un registre plus classique, nous avons décidé d’étudier la réalisation d’une maison de repos sur terrain de la Ville à l’arrière de la mégisserie et de TVCom. Cette étude, qui vient d’être commandée par le CPAS, doit nous fournir un avant-projet d’implantation, ce qui nous permettra de solliciter les subventions régionales, indispensables pour la réalisation d’un tel projet.

Développement territorial

Si notre Programme stratégique transversal dessine globalement l’action que nous avons décidé de mener sur ces six années, il reste indispensable de se doter d’outils d’orientations ou de planification plus fins, voire sectoriels, à l’instar de celui que je viens d’évoquer.

Si c’était le calme plat, nous pourrions nous en passer. Mais notre réalité est tout autre. Et notre avenir n’est pas fait d’avance. Il nous appartient de l’orienter. Et c’est ce que nous faisons.
En matière de développement territorial, nous arrivons au bout du long processus de révision de notre schéma de structure. Ce document d’orientation stratégique qui a pour vocation de baliser l’occupation du sol pour une durée de 15 à 20 ans, a fait l’objet de deux enquêtes publiques. Prochainement, le Conseil communal sera invité à l’approuver.

Concernant la gare d’Ottignies et ses abords, vous savez qu’on a établi depuis 2014 un schéma d’orientation avec la SNCB et Infrabel. Ce projet est ambitieux. Il vise à améliorer l’accessibilité à la gare et son intermodalité mais aussi à en faire un nouveau lieu de vie, un nouveau quartier du centre-ville. Nous n’avons pas ménagé notre énergie pour faire avancer ce dossier stratégique. Tant en direction du Gouvernement fédéral que du Gouvernement régional. La réussite en effet ne sera au rendez-vous que si les différents niveaux de pouvoir coopèrent. Dans les prochains mois, la SNCB devrait arrêter son plan pluriannuel d’investissement dans lequel nous espérons bien que les budgets seront inscrits afin de mettre en œuvre ce projet qui, bien évidemment, ne se fera pas en une ni en deux années. A court terme, quelques aménagements de sécurité et de confort minimum seront réalisés pour les passages entre les quais. Un premier pas timide certes, mais qu’on ne boudera pas. Concernant la partie nord du projet, elle porte désormais le nom de « Samaya ». Elle appartient à un privé et couvre une surface importante d’une dizaine d’ha. Depuis l’été dernier, elle fait l’objet d’un processus participatif avec les riverains. Ce processus est une première. Nous avons invité tous les riverains qui le souhaitaient à participer à ce processus et à toutes ses séances de travail. L’objectif est de dessiner ce futur quartier, aujourd’hui occupé par des bâtiments industriels et qui se situe entre le Fond de Bondry et la ligne de chemin de fer, et est en zone d’habitat au plan de secteur. Afin que les réunions soient de réelles réunions de travail, il avait été convenu dès le départ que le nombre de participants ne devrait pas dépasser la vingtaine. Il se fait que le nombre de candidats a correspondu approximativement à ce seuil, ce qui nous a permis d’inviter tous ceux qui en avaient formulé la demande. Les réunions se sont tenues, avec le propriétaire du site, dans un climat de respect mutuel, et devraient aboutir tout prochainement à une série de recommandations.

Pour le centre d’Ottignies, nous avons également accompagné un processus participatif similaire à celui de Samaya. Dans ce cas également, le nombre de riverains qui ont répondu à notre invitation correspondait à ce qui était prévu et nous avons pu également accepter toutes les candidatures. A la différence du processus précédent, celui-ci associe aux riverains volontaires des acteurs spécifiques ou des experts, comme un représentant du fonctionnaire délégué par exemple ou d’urbanistes. La question ici est de dessiner un avenir pour le centre. A ce stade de la réflexion, qui elle aussi arrive à son terme, je sais que les participants ont utilisé pleinement les possibilités qui leur étaient offertes pour pointer les faiblesses et les potentialités de cette partie centrale de notre commune. Ainsi par exemple, le remodelage du centre commercial du Douaire a été clairement posé. Les atouts paysagers ont été soulignés. Et patrimoniaux avec la ferme du Douaire. De même que la trame bleue avec la Dyle ou verte avec les versants de la vallée. L’itinéraire cyclo-piétons que nous venons de réaliser le long de la Dyle a pour fonction d’ouvrir le champ des possibles au centre d’Ottignies en donnant l’envie d’autre chose, d’autres ambiances, plus humaines et conviviales pour le centre. Pour sa part, la Ville a continué les acquisitions de maisons à la place du Centre et devrait bientôt être en mesure de lancer un projet de rénovation de toute la place, qui soit bien sûr en phase avec les conclusions du processus participatif. Et sur un plan administratif, ce sont le schéma général d’aménagement ainsi que le plan communal d’aménagement révisionnel qui suivront dans le même esprit.

Ces deux processus sont de formidables opportunités pour Ottignies. C’est l’avenir du centre-ville qui se dessine et se prépare. L’extrême attractivité donc bénéficie notre centre est une opportunité que nous devons saisir pour faire évoluer notre centre vers plus de qualité de vie, d’échange, de rencontres.

Du côté de Louvain-la-Neuve, le plan communal de mobilité a enfin pu démarrer. Les enjeux sont de taille. La succession des projets d’envergure ces dernières années a chaque fois posé des questions de mobilité. Alors que pour le centre d’Ottignies, l’étude des abords de la gare avait été accompagnée en 2014 d’une étude de mobilité qui avait porté sur toute la vallée de la Dyle, s’agissant de Louvain-la-Neuve, nous n’avons pas cette vue d’ensemble. Le diagnostic est globalement bien connu : accès aux quartiers, stationnement, et de manière très structurelle, se posent des questions d’accès à Louvain-la-Neuve en tant que telles. Ainsi, un des nœuds les plus problématiques est le carrefour entre la RN 4 et la RN 25. Ce point avait déjà été identifié dans notre plan communal de mobilité de 2003. Depuis lors, nous n’avons eu de cesse de rappeler la nécessité d’aménager ce carrefour (qui, pour rappel ne se trouve pas sur le territoire communal). Je dois dire que nos derniers contacts avec le Cabinet du ministre wallon des travaux me rendent optimiste quant à une issue prochaine pour ce dossier.

Toujours sur Louvain-la-Neuve, une autre étude a été initiée en septembre dernier : l’élaboration d’un schéma de développement de l’espace commercial. Une étude similaire avait été réalisée en 2012 pour Ottignies. On sait que le centre de Louvain-la-Neuve est depuis une petite dizaine d’années le plus dynamique de Wallonie, et les enquêtes révèlent toutes un haut degré de satisfaction : plus de 90 %. Cela ne signifie pas qu’il n’y ait pas de problèmes : on peut sentir une fragilité de l’offre culturelle, il y a aussi de fortes attentes en termes de circuits courts. De plus, l’extension de l’Esplanade sollicitée par Klepierre doit aussi être intégrée dans la réflexion, et notamment – si elle se réalise – ses impacts sur le tissu commercial de la dalle piétonne. Cette étude a débuté par une enquête à laquelle viennent de répondre 1.500 personnes. Le comité d’accompagnement, qui est composé de la gestion centre-ville et de représentants des commerçants, vient de prendre connaissance de ses premiers résultats.
On aura évidemment l’occasion de revenir sur toutes ces études. Il me semble qu’elles témoignent à suffisance de notre volonté d’anticiper l’avenir, de nous en donner une vue d’ensemble, tout en le déclinant et en l’affinant en territoires et en thématiques. Et cet avenir, nous voulons le construire dans le dialogue avec tous ceux qui sont concernés. C’est dans cet esprit que nous voulons assumer nos responsabilités publiques dans la gestion de la cité.

Le dynamisme que connaît notre ville est lié à un contexte et à des acteurs multiples. On connaît les grands projets actuellement en cours, comme le parking RER, l’incubateur chinois CBTC, ou le projet Agora. Ce sont sans doute les plus visibles en plus de ceux que j’ai déjà cités.

Initiatives citoyennes

Mais il y en a bien d’autres qui émanent d’initiatives citoyennes. Qui font que notre Ville n’est pas une ville dortoir. Mais tout à l’opposée un bouillonnement et une effervescence de tous les jours où le lien social et la solidarité sont des valeurs cardinales.

Je voudrais ainsi mettre en avant les initiatives de solidarité pour l’accueil des réfugiés qui sont venues spontanément de la société civile avec l’appui de la Ville et du CPAS, par la mise sur pied de la « plateforme Réfugiés » qui réunit des associations, des paroisses, la mosquée, la Maison de la Laïcité et des particuliers. Ce très bel élan permet aujourd’hui d’accueillir, de loger et d’accompagner dans leur intégration une cinquantaine de personnes sur notre territoire.

Je voudrais aussi saluer la création depuis le mois d’octobre dernier du « Talent ». Résultat, là aussi d’une initiative citoyenne, il s’agit d’une monnaie locale – de notre monnaie locale – dont la vocation est de favoriser les échanges en circuits courts et l’économie locale. De nombreux commerces ont déjà exprimé leur intérêt et fait savoir qu’ils accepteront les paiements en Talents. Ce faisant, on a là un élément de réponse, assez simple somme toute, à certaines dérives de la mondialisation.

Enfin, je veux évoquer un projet de coopérative citoyenne qui se crée en ce moment et qui répond à la même préoccupation. Sous le nom de Farm.LLN, elle ouvrira en avril-mai prochain sur la dalle de Louvain-la-Neuve une surface de près de 400 m² de vente de produits alimentaires bio et locaux. Une grande et belle ambition. Le Talent y aura évidemment cours. On est ici pleinement dans un modèle économique participatif où il est fait non seulement appel à l’épargne publique, mais nous sommes tous aussi invités à participer à la gestion du projet d’entreprise. Cette très belle initiative vient à point nommé : l’enquête réalisée dans le cadre du schéma de développement de l’espace commercial que j’évoquais à l’instant, atteste que l’attente est très vive pour ce type de projet et de produits.

Toutes ces initiatives sont stimulantes et réjouissantes.

Traditionnellement, nous réservons cette soirée à la mise à l’honneur de personnes ou d’associations qui contribuent aussi à ce dynamisme-là et qui apportent ou ont apporté, souvent dans la discrétion, une contribution remarquable au mieux-être, à la solidarité, à tout ce qui fait la richesse du lien social dans notre ville. Nous allons procéder dans quelques instants à cette partie de notre soirée.

Cette soirée est avant tout un moment de retrouvailles et de rencontres. Nous sommes ravis de votre présence en ce lieu, qui témoigne de votre attachement à notre Ville. C’est cet attachement qui nous réunit en cette occasion. Au nom du Collège communal, je tiens à vous remercier de votre présence ce soir et à vous présenter nos meilleurs vœux de bonheur, de joie de vivre et de santé, à chacun d’entre vous et à vos proches, pour l’année nouvelle.

Jean-Luc Roland
Bourgmestre

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