Le « Musée L », place des Sciences
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Apprendre - 29.04.2015 - Marie-Claire Dufrêne

Le 29 avril, l’UCL a dévoilé le nom du musée qui accueillera les 25.000 pièces de ses collections, dès la fin 2016.


Non, les responsables de l’UCL ne regrettent pas feu le projet de musée sur les bords du lac de Louvain-la-Neuve. « Il avait ses détracteurs », assure Jean Hilgers, président du Conseil d’administration.

Ils voient dans le nouveau projet - l’installation du musée dans l’ancienne bibliothèque des Sciences - l’opportunité de revitaliser le haut de la ville, côté Biéreau.

« C’est une chance pour le musée, pour le bâtiment et pour le quartier », énumère Jean Hilgers. « Le musée actuel est devenu trop petit et sa présence n’est pas assez marquée dans la ville : beaucoup d’habitants ignorent où il se trouve. Le bâtiment imaginé par l’architecte André Jacqmain à la fin des années 70 avait besoin d’une nouvelle jeunesse : quelle plus belle alternative?! Enfin, le quartier mérite d’être revitalisé. Les environs de la place des Sciences seront rénovés, pour plus de convivialité et de mixité. »

« L » : Louvain-Leuven, depuis 1425

L’honneur de dévoiler le nom du futur musée est revenu au recteur Vincent Blondel. Ce sera le « Musée L » : « L », commune à Louvain et Leuven, pour rappeler l’histoire de l’Université. Certaines collections ont été partagées au moment de la scission (les moulages de l’antiquité grecque à Louvain-la-Neuve, ceux de l’antiquité romaine à Leuven), qu’on pourra découvrir de part et d’autre de la frontière linguistique.

« Par sa forme en équerre, le « L » exprime aussi la solidité, l’ancrage, et une ouverture en « aile ». Il décloisonne et promet des dialogues entre les œuvres », constate le recteur.

A titre tout à fait personnel, nous y voyons aussi une touche de féminité. Celle apportée par la directrice du musée Anne Querinjean, dès son entrée en fonction. On l’a sentie ravie, au moment de présenter l’ADN du bébé.

« Musée « du dialogue » jusqu’ici, il deviendra « des dialogues », puisque nous multiplierons ceux-ci, notamment grâce à l’arrivée des sciences dans nos collections », explique la directrice. « Musée « universitaire », nous y tenons. Car tous les objets, œuvres, spécimen, instruments… ont été utilisés pour l’enseignement. Ils représentent la diversité des disciplines qui sont enseignées à l’UCL. Un éclectisme dont nous sommes fiers. »

Le « Musée L » sera ouvert à tous les publics, sorte de maison d’hôtes qui offrira la possibilité de découvrir, penser, rêver, se détendre… Avec des laboratoires autour de la couleur, de l’imprimerie et de la 3e dimension, où on pourra toucher les oeuvres. Avec aussi un restaurant, une librairie (et un salon de thé), deux espaces pédagogiques, une bibliothèque, une salle pour séminaires, un espace pique-nique… La volonté est également d’accroître les collaborations avec d’autres musées.

Hors des vitrines, si possible

Le Hollandais Maarten Meevis, scénographe du nouveau musée, respectera le bâtiment d’André Jacqmain - il lui fait penser à un temple ou une église - pour la mise en espace des collections. Le défi est de taille !

Lui et son équipe de l’agence Kinkorn opteront pour la sobriété (les objets dialogueront avec leur environnement et seront visibles de plusieurs côtés), reprendront une partie du mobilier du designer Jules Wabbes, éviteront au maximum d’enfermer les œuvres dans des vitrines.

Les collections (issues des professeurs de l’UCL et de donateurs privés) seront réparties sur 4 niveaux. « S’étonner » (un cabinet de curiosités), « Se questionner » (la passion des chercheurs), « Transmettre » (l’écriture et le calcul… avec les machines à calculer d’une nouvelle donation) au niveau 2 ; « S’émouvoir » (les collections d’art, ou comment l’art apporte des réponses - avec beauté et poésie - aux questions de sens présentes dans toutes cultures et à toutes époques) aux niveaux 3 et 4 ; « Contempler » (des dialogues qui invitent à découvrir les œuvres autrement, le legs Delsemme) au niveau 5.

L’entrée sera située à gauche du bâtiment, dans une ruelle qui n’a pas encore de nom et sera privatisée (ce sera déjà un lieu d’exposition). Cette façade sera largement vitrée, pour apporter de la lumière naturelle à l’intérieur. Les performances énergétiques du bâtiment seront améliorées, grâce à l’isolation des toitures et au remplacement des châssis.

Financement public/privé/mécénat

Le « Musée L » s’étendra sur 5500m² (actuellement, le musée dispose de 1500m² !), dont 2300m² d’expositions (collections permanentes et expositions temporaires).

Son aménagement coûtera 10,3 millions d’euros (moins cher que le projet au bord du lac) : 7,3 pour la rénovation du bâtiment (pilotée par les architectes « maison »), 2 pour la scénographie et 1 pour le réaménagement des abords. Financés essentiellement par des mécènes (entreprises et privés), en plus des pouvoirs publics et de l’Université.

Si la recherche de fonds n’est pas terminée, les travaux débuteront malgré tout, ce mois de mai. Le déménagement des œuvres est prévu de juin à novembre 2016, pour une ouverture au public avant la fin de l’année.

L’UCL espère que le musée changera de catégorie pour que, mieux subsidié, il puisse disposer d’un budget d’exploitation plus important.

« Nous sommes la première université belge à rassembler notre patrimoine dans un musée de plus de 5000m² ouvert au grand public », se réjouit le recteur Vincent Blondel.
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