« J’assume mes responsabilités »
Affichage pour les mal voyants

Hotel de Ville - Vie politique - 19.10.2016 - Marie-Claire Dufrêne

La réaction du bourgmestre Jean-Luc Roland, après l’annulation des 24Heures vélo. A ceux qui l’accusent, sur les réseaux sociaux, de vouloir tuer l’animation étudiante, il répond : « Intox ! C’est du n’importe quoi ! » Les étudiants contribuent à faire d’Ottignies-Louvain-la-Neuve la ville bouillonnante qu’on nous envie.


La décision du CSE (Cercle Sportif Etudiant) d’annuler les 24Heures vélo a suscité une vive émotion, que le bourgmestre comprend, mais il faut couper court aux rumeurs et aux accusations qui sont aux antipodes du projet même du vivre ensemble à Louvain-la-Neuve.

Certains pointent le bourgmestre comme étant coupable de l’annulation.

« Il s’agit d’un long processus, dans lequel les contraintes de sécurité ont pesé », répond Jean-Luc Roland.

Une décision difficile

Le 22 septembre, le CSE faisait part de sa décision d’annuler les 24Heures vélo 2016. Le Conseil communal venait pourtant d’approuver l’ordonnance de police autorisant la manifestation. Celle-ci prévoyait la limitation des soirées sur trois sites, à charge pour l’organisateur d’en assumer les frais de sécurisation.

Le CSE a fait ses calculs : trop coûteux. Par ailleurs, amputées d’une part de ses activités, les 24Heures n’auraient pas été l’événement festif souhaité par tous.

Les différentes parties impliquées (Ville, UCL, police, services de secours, association des habitants, étudiants…) se sont retrouvées le 28 septembre, pour faire le point. Elles ont appris que des «sauveurs», s’étaient présentés : la Wallonie, la Province et des sponsors privés. Prêts à payer la facture.

« La question du financement était donc réglée. Pouvait-on encore modifier le dispositif, pour garder l’esprit de la fête ? Le CSE a entendu les contraintes de tous les acteurs avant de confirmer l’annulation. Trois semaines pour revoir le dispositif, c’était trop court. »

Jean-Luc Roland salue le professionnalisme et le sens des responsabilités des organisateurs.

Après quoi, chacun y est allé de son commentaire, sur les réseaux sociaux. Il fallait un coupable, on a pointé le bourgmestre. Soit !

« J’assume mes responsabilités. Et les désagréments de la fonction. Ce que je ne peux pas laisser passer, c’est d’être suspecté de vouloir tuer l’animation étudiante. Je travaille à la faire évoluer en qualité. »

Toujours plus d’animations

Non, les étudiants ne sont pas brimés !

Le nombre de manifestations étudiantes ne cesse de croître à Louvain-la-Neuve, depuis une quinzaine d’années : Midis Minuits de la Jongle’Rue, Semaine Fédé, Doudou, cortèges, 10Miles, carnaval… On en totalise déjà 66 en 2016, pour 70 en 2015 et 59 en 2014. C’est plus que les manifestations non-étudiantes (59 en 2016, 61 en 2015 et 48 en 2014). Le service communal en charge des fêtes est sollicité tous les jours !

« Certaines demandes sont refusées parce qu’elles sont introduites trop tard, parce qu’elles ne respectent pas le règlement de police (des activités commerciales, par exemple) ou parce que les espaces sont déjà occupés », explique le bourgmestre.

Plusieurs manifestations - étudiantes et autres - ont été annulées cette année, suite aux attentats de Bruxelles et aux nouvelles contraintes liées à la sécurité.

« La directive ministérielle donne des recommandations qui sont à apprécier au cas par cas. Nous avons convenu de travailler ensemble, avec les étudiants, à une édition 2017 des 24Heures vélo qui tienne compte des nouvelles données sécuritaires. »

Jean-Luc Roland est informé du fait que certains appellent à faire la fête à Louvain-la-Neuve aux dates initialement prévues pour les 24Heures. Un renfort policier et un poste de soins sont prévus, pour le cas où il y aurait des débordements.

L’antithèse du campus : une ville de mixités

Pour y habiter depuis 1973, Jean-Luc Roland estime connaître plutôt bien sa ville, l’antithèse du campus.

« Louvain-la-Neuve est une ville de mixités, riche de ses diversités : générationnelle, culturelle, philosophique, des nationalités… mais aussi par sa conception urbanistique. Toutes les fonctions y sont mélangées, suivant le concept de la ville à l’italienne. C’est un urbanisme fait pour le dialogue. »

Ce qui s’écrit sur les réseaux sociaux fait régresser ce projet de ville que beaucoup nous envient.

« Je soupçonne quelques vieux guindailleurs d’être à l’initiative de ces messages. Ils n’ont rien compris à Louvain-la-Neuve et viennent faire la leçon aux étudiants d’aujourd’hui, leur ventant le temps où la bière coulait à flots. La plupart des étudiants que je rencontre sont bien au fait du projet de Louvain-la-Neuve. Nous travaillons ensemble pour faire évoluer l’animation, de telle sorte que tous les publics s’y retrouvent. S’agissant des baptêmes, nous ne les avons pas interdits, mais délimité des zones où certaines scènes d’humiliation n’ont pas leur place. Je trouve légitime que des parents avec des jeunes enfants ne souhaitent pas y être confrontés. »

De nombreuses animations ont fortement évolué ces dernières années : le Gargamel Trophy du Cercle Philo et Lettres, les 24 Heures vélo…

« L’évolution est nécessaire, cela fait partie de la réussite de Louvain-la-Neuve. Le CSE est fier du succès que les 24Heures vélo rencontrent désormais aussi auprès des familles (village des enfants, village des ados), des habitants (fête des voisins)… »

Quant à la fermeture des surfaces d’animation à 3h du matin, qui a fait couler beaucoup d’encre il y a quelques années : « On m’accusait de vouloir imposer un couvre-feu ! Ce combat fait sourire aujourd’hui. Nous avons fait œuvre de salubrité publique pour tout le monde. »

Réduire le tapage

Jean-Luc Roland évoque une réussite… qui demeure fragile, néanmoins. Il reste des tensions.

Ainsi, le tapage nocturne. Il est en progression, malgré l’instauration des sanctions administratives. Depuis quelques mois, des patrouilles de police sont dédiées à cette problématique. Sur une plainte qu’une équipe va constater, elle relève 10 faits de tapage… preuve que les habitants subissent, plutôt que de contacter la police. Cette question concerne le vivre ensemble. La simplification administrative va aider à accélérer le processus de sanction.

« J’estime que mon boulot est de faire évoluer Louvain-la-Neuve dans l’esprit de son projet initial : un lieu constamment en effervescence, où des publics différents cohabitent, ou mieux, se rencontrent et construisent ensemble la vie de la cité. Cela nécessite du dialogue, de la concertation et à l’occasion, de la fermeté. »
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