De la paille pour retenir les boues
Affichage pour les mal voyants

Mon environnement - 19.06.2018 - Marie-Claire Dufrêne

Notre ville dispose de la plus grande longueur de fascines - ce dispositif pour retenir les coulées de boue en cas d’orage - en Wallonie. Les derniers barrages filtrants ont été placés en juin, dans le bas de la rue Arthur Masson (la Boisette, à Mousty).


827 mètres de fascines au total. Les derniers barrages ont été placés au début juin, qui retiendront les éventuelles coulées boueuses en cas d’orage, au niveau du bassin versant de la Boisette/Briqueterie (Mousty).

« Suite aux coulées boueuses de 2010, la Ville a chargé le bureau d’études CSD d’identifier les bassins problématiques, sur notre territoire », rappelle l’échevine en charge de l’Environnement Julie Chantry. « Nous avons ensuite demandé à la cellule GISER (Gestion Intégrée Sol Erosion Ruissellement) de nous faire des propositions d’aménagements anti-érosifs sur les 10 bassins identifiés. »

Les premières fascines ont été construites en 2013, au niveau du bassin de Céroux/Montaury, du bassin du Bois des Rêves et du bassin des Chêneaux. D’autres ont suivi, en 2015-2016, au niveau du bassin du clos des Faisans/avenue des Vallées, du bassin de Balbrière, du bassin de l’avenue des Roses…

« L’épisode orageux de fin juin 2016 a causé de gros dégâts dans la rue de Thomaz de Bossière et le bas de la rue du Roi Chevalier. Il y a eu de fortes tensions entre les riverains et l’agriculteur Daniel Goies, dont l’exploitation est la plus proche. Mais ils sont six agriculteurs à travailler les terres du bassin de la Boisette, et tous n’habitent pas la commune. »

La Ville est parvenue à les convaincre de la nécessité d’installer des fascines en six endroits, mais il a fallu un certain temps (mieux vaut une négociation à l’amiable que de recourir à un arrêté de police).

« Vu leur situation au milieu des champs, ces fascines ont été installées au printemps, avant les semis. La dernière, au bord de la piste cyclable, l’a été au début juin », précise l’éco-conseillère Dorothée Hebrant. « Elles ont été réalisées en paille, moins chère que les branchages utilisés en 2013 : compter 30€/m pour la paille et un peu plus de 50€ pour les branchages. La paille est enserrée dans un treillis, qui résiste parfaitement en cas d’orage. »

La Ville a ainsi réalisé l’entièreté du dispositif qu’elle avait décidé de mettre en place, suite à l’analyse du bureau CSD.

Agriculteurs et citoyens

Le nouveau CoDT (Code du Développement Territorial) wallon impose désormais aux communes de prévenir les demandeurs avant toute délivrance d’un permis d’urbanisme, si le terrain se trouve dans un axe de concentration du ruissellement.

« Nous remettons un avis aux communes : favorable (éventuellement sous conditions) ou défavorable. Depuis la mise en place du CoDT, il y a un an, nous avons remis 5% d’avis défavorables », explique Pierre Demarcin, conseiller technique chez GISER (NDLR : sur notre photo, aux côtés de Julie Chantry).

Dans le cadre de la problématique des coulées boueuses, notre Ville travaille sur deux axes :
  • la prévention : auprès des agriculteurs, pour qu’ils adaptent leurs pratiques agricoles afin de préserver leur capital sol ; auprès des riverains, pour qu’ils mettent en place des protections individuelles (des batardeaux par exemple).
  • le ralentissement des flux, avec les systèmes préconisés par Giser : les fascines, mais aussi les bandes enherbées.
A Mousty, l’agriculteur Daniel Goies a bien compris l’efficacité des bandes enherbées. Une partie du sol qui entoure ses cultures n’est jamais travaillée.

Les fascines sont financées par la Ville (matériaux et mise en place), avec l’aide de subsides régionaux. C’est aussi la Ville qui est chargée de les nettoyer et de les remettre en état, quand elles ont servi. Les agriculteurs veillent à ce qu’elles ne soient pas envahies par la végétation.

« Nous avons terminé la restauration des fascines mises en place en 2013 et travaillons actuellement à la restauration de celles mises en place en 2015-2016 », annonce l’éco-conseillère.

En outre, la Ville entretien les cunettes chaque année et réalise régulièrement des petits aménagements pour diriger les eaux vers le réseau de collecte.

« Personne ne peut assurer qu’il n’y aura plus d’inondations lors du prochain orage, mais la Ville a assumé sa responsabilité en prenant des mesures à court, moyen et long terme », remarque l’échevine de l’Environnement. « Nous allons évaluer l’efficacité du dispositif et s’il le faut, nous prendrons des mesures complémentaires. »

Liens vers d'autres sites



Nous contacterGaleries photosVie privéeNotes légalesPlan du siteNewsAgendaAnnuaireDocumentsVos réactionsCrédits
FR NL EN DE ES
fermer